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Datar comme Lazare

Mappemonde avait signalé la fin de la Datar, passée le 1er janvier 2006 de l'action régionale à la bataille commerciale sous le curieux nom de Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact), comme si les territoires étaient devenus des entreprises. Cette funeste conception néolibérale a dû montrer ses limites même au sein de l'idéologie dominante, puisque trois ans après, tout juste, le gouvernement fait volte-face et rechange la Diact en Datar… 

Attention toutefois: il ne s'agit plus comme naguère d'«action régionale»: la Datar n'est plus faite pour l'action. Les deux dernières lettres signifient désormais «attractivité régionale». Cette attractivité n'est officiellement plus objet de compétition: elle se suffit. C'est moins agressif, plus cool et plus soft comme l'on dit dans ces milieux volontiers anglomanes.

Toutefois, il n'est pas certain que cela change grand chose: l'idée de compétitivité demeure, assortie de la langue de bois vert à la mode, comme l'indique le paragraphe 1 de l'article 1 du décret 2009-1549: la nouvelle Datar «prépare les actions et programmes destinés à renforcer l'attractivité économique, la cohésion et la compétitivité des territoires, à accompagner les mutations économiques, à améliorer l'accessibilité et à promouvoir un aménagement durable, équilibré et cohérent des territoires ruraux et urbains».

L'attractivité tout court est donc en réalité exclusivement économique, on s'en serait douté mais c'est écrit. Et qui fait cet aménagement quand il existe? «Elle coordonne les politiques d'aménagement du territoire mise en œuvre par les préfets de région» (même article, § 2).

Durable, dans la compétition, par les préfets de région, pour l'économie, et en volte-face avec recul symbolique. Un certain style, en somme.

Roger Brunet (18 janvier 2010)