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L'Atlas du Nord-Pas-de-Calais

Ce site a été récemment fermé, mais vous avez la possibilité de vous connecter sur le site : http://www.sigale.nordpasdecalais.fr/CARTOTHEQUE/atlas.asp

Une des tendances actuelles de la cartographie sur l'Internet est la parution d'atlas entièrement numériques. Quelles que soient les technologies utilisées, Flash, SVG ou Javascript, le principe est toujours le même: offrir à l'utilisateur un atlas présentant un certain degré d'interactivité. L'Atlas du Nord-Pas-de-Calais est l'un des plus intéressants actuellement disponibles. Il utilise la technologie Flash, que votre navigateur devrait pouvoir lire automatiquement s'il est de génération assez récente. Sinon, vous serez invité à télécharger le plug-in manquant.

L'Atlas du Nord-Pas-de-Calais est le fruit d'un partenariat entre le Conseil régional, la Préfecture de Région et la Direction régionale de l'I.N.S.E.E.; il a bénéficié du soutien de l'Union européenne.

Après une animation introductive (un peu longue), la page d'accueil s'affiche.

La partie Présentation donne les informations de base sur l'Atlas, en quatre courtes pages. On peut s'en dispenser. Visite guidée donne accès à une présentation rapide des possibilités de l'Atlas. Malheureusement, dans la mesure où cette visite est dépourvue du moindre commentaire écrit, on n'y apprendra pas grand-chose. Il faudra se débrouiller seul.

C'est naturellement le choix ATLAS qui donne accès au contenu.

Analyse de la structure

Les triangles font apparaître deux types de menus, qui sont toujours débrayables: on peut les faire apparaître ou disparaître à volonté, afin de faciliter la lecture, par exemple.

Dans le menu Outils tout d'abord, si l'on clique sur le gros triangle pointant vers le bas, sont mis à disposition les boutons suivants:

Sur ce calque, on pourra créer du texte, dessiner des cercles, des rectangles, des flèches; il est possible d'enregistrer le calque ou d'en supprimer les éléments.

Ce bouton donne accès à des fiches très synthétiques, d'un abord très aisé, en relation avec la carte affichée à l'écran. Les définitions, en particulier, sont pédagogiquement excellentes (cf. définition de la «propension»).

Même principe que pour les textes. En relation avec le thème actuellement cartographié sont proposés des graphiques permettant d'éclairer tel ou tel aspect de la géographie régionale.

Les outils de zoom classiques, zoom +, zoom – et 100%. À noter qu'il n'est pas possible de zoomer en dessinant un cadre, ni de déplacer après avoir zoomé ! La navigation dans la carte risque donc de s'avérer quelque peu malaisée.

Les termes définis sont disponibles sous forme de liste.

Il permet de stocker puis de rappeler à loisir les cartes que l'on aura sélectionnées.

Le terme est clair, mais le bouton est malheureusement inactif.

La carte affichée sera imprimée. Le format vectoriel garantit un rendu de très grande qualité.

Ce sont toujours les mêmes liens qui apparaissent (cf. infra la présentation de la rubrique Sites associés).

Le bouton une fois activé affiche des bulles d'aide sur les différents élé-ments de l'interface, lesquels demeurent actifs.


Le menu principal, qui apparaît lorsqu'on clique sur le triangle de droite, donne accès aux contenus.


Le menu Zonages permet d'afficher les différents zonages disponibles, en surimpression sur les cartes thématiques. À noter cependant que le fait d'afficher le zonage communal ne permettra pas de transformer les cartes thématiques. À titre d'exemple, la carte de l'emploi par secteur artisanal s'affichera par zones A; le fait de rajouter le zonage communal ne change rien, mais rend seulement la carte moins lisible (cf. infra).

Le menu Infrastructures fait apparaître les différents réseaux (routier, autoroutier, ferroviaire, hydrographique), de façon simplifiée mais pas franchement lisible.
Le menu Sites doit normalement indiquer les sites remarquables de la région, mais la fonction ne semble pas encore implémentée.
Le menu Communes permet de faire apparaître le nom de la commune sous le pointeur, comme dans l'exemple suivant:

Il ne semble pas que ce soit là l'utilisation la plus efficace de la base de données communale. On aurait préféré pouvoir rechercher une commune donnée. À noter que ce menu agit comme un interrupteur: une fois activé, on peut le désactiver en cliquant à nouveau sur le menu Communes.


Enfin, on trouve le menu Sommaire, curieusement placé. Il faut cependant rappeler que la liste des chapitres de ce sommaire apparaît automatiquement lorsqu'on ouvre l'Atlas.

On aura intérêt à bien manipuler les différentes fenêtres qui s'ouvrent, telles des poupées gigognes. Le bouton en haut à droite ferme la fenêtre, tandis que celui de gauche la réduit à sa barre de titre. C'est très utile, et même indispensable. À l'usage, la meilleure solution est de masquer les menus, puis de positionner les titres de fenêtres en haut de l'écran (cf. exemple suivant).


Un aspect remarquable de l'Atlas est la possibilité quasi généralisée de cliquer sur les éléments de la légende pour les afficher ou les masquer à volonté (cf. exemple suivant, identique au précédent, mais où seules les deux premières classes sont affichées):

Le choix des cartes, à travers les différentes rubriques, ne pose aucune difficulté. On fera simplement attention au fait que les espaces concernés ne couvrent pas toujours le seul Nord-Pas-de-Calais. Un pictogramme le précise clairement:

Union européenne  France   Nord-Pas-de-Calais 

L'Union européenne n'est cependant pas l'Union à 25, ni même à 15: la carte est restreinte aux pays qui forment l'environnement régional du Nord-Pas-de-Calais, lequel est évidemment placé au centre de la carte… Décidément, tout atlas est bien politique !


Le contenu de l'Atlas est fort riche et mérite des heures de consultation. Certaines cartes gagnent véritablement à l'interactivité des légendes, comme cet exemple des migrations résidentielles. La première carte donne la vue d'ensemble, la deuxième permet d'analyser le cas de Valenciennes en détail.



Terminons en évoquant une partie plus utilitaire
Le lexique contient un certain nombre de termes scientifiques. On peut également y accéder par le menu Outils.

La partie Aide… est un lien mort. Rien ne se passe.

La rubrique Contacts se contente de donner les adresses postales et internet des différents partenaires, ainsi que le nom d'un responsable.

Enfin, les Sites associés font le lien avec les sites des partenaires, mais l'adresse au SIG nordiste, SIGALE, est erronée.


Les points négatifs

L'interactivité est faible dans les fiches de texte. Il est dommage que des liens n'aient pas été prévus d'une partie à l'autre des textes. Exemple: La fiche sur les actifs/inactifs offre bien un lien pop-up vers la définition du terme «taux d'activité», mais se contente de renvoyer sans lien au thème «Déplacements domicile-travail» lorsqu'est abordé le «navettage». On perd ainsi ce que le web avait réalisé dans sa version historique: la possibilité d'une lecture hypertextuelle. Il est décidément bien difficile d'avoir tout à la fois !

La navigation entre les thèmes, puis entre les documents (cartes, textes, graphiques), n'est pas toujours aisée. Un clou chasse l'autre: si vous affichez un graphique après une carte, celle-ci est remplacée par le nouvel affichage. Si vous n'avez pas pris la précaution de laisser la fenêtre de choix de carte ouverte, ou au moins réduite, il faudra recommencer à partir du début. Ne jouez pas avec le bouton Back de votre navigateur, vous quitteriez le site de l'Atlas ! Il reste à vous familiariser avec le bouton Panier, dont la navigation n'est pas aisée non plus… Quant au bouton Historique, qui donne de beaux espoirs, il n'a jamais fonctionné lors du test.

La sémiologie graphique des cartes est globalement bonne, mais peut comporter quelques surprises. La carte des aires urbaines en 1999, par exemple, utilise une montée en valeur qui donne une illusion de carte des densités, laquelle n'est évidemment pas entièrement superposable. La carte du peuplement, quant à elle, utilise des cercles proportionnels dont les tailles sont curieusement choisies: le point le plus petit est encore trop gros et, si l'effet est saisissant, la carte reste difficile à lire dans le détail; Lille y est presque invisible, il faut vraiment savoir qu'elle est là ! N'est-ce pas précisément le contraire de ce que doit rechercher une carte ? Quant à l'exemple (déjà mentionné) des graphiques sur la carte…

Les animations sont réservées à l'interface et non au contenu. Aucune n'est utilisée pour mettre en valeur des données, une évolution par exemple, comme c'est le cas dans le numéro 73 de Mappemonde (janvier 2004) à l'adresse suivante: http://mappemonde-archive.mgm.fr/num1/articles/art04104.html. C'est évidemment regrettable.

Un produit fini ? L'Atlas semble souffrir de l'absence de quelques fonctions, pourtant apparemment prévues. Lors de la visite guidée, un menu «Données conjoncturelles» est présent, mais a disparu de la version en ligne. Dans la fenêtre du Panier, deux boutons «Enregistrer vos cartes» et «Récupérer vos cartes» laissent à penser qu'il était possible de rapatrier les cartes vectorielles en local, sur l'ordinateur de l'internaute. Rien ne se passe pourtant lorsqu'on clique dessus. Enfin, l'écran d'accueil prévoit normalement de s'enregistrer (pour pouvoir récupérer des cartes ?), mais le lien n'est pas actif.

Les points positifs

La qualité des données est incontestable, tant à l'affichage qu'à l'impression. La technologie vectorielle fait merveille. Un bémol: certains polygones ne sont pas toujours jointifs…

Les contenus sont d'un bon niveau mais restent facilement accessibles. On se doute que tel était l'objectif de cet Atlas. Il est atteint.

Les légendes cliquables donnent une lisibilité exceptionnelle aux phénomènes représentés. Si le procédé n'est ni nouveau ni exceptionnel, il est incontestablement utile.

Les temps d'accès, mesurés certes sur une connexion à haut débit, sont des plus satisfaisants. Il ne faut jamais plus de 3 à 4 secondes pour l'affichage d'une nouvelle carte. Gageons que, même sur une connexion modem standard, les délais seront tolérables.

Conclusion

L'Atlas du Nord-Pas-de-Calais constitue une mine d'informations de haute qualité et très accessibles à tout public, en particulier enseignant. Espérons qu'une prochaine version corrigera les quelques petits défauts qui ne l'empêchent nullement d'être un modèle à suivre.

Christophe Clavel