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Chronique d'une île en perdition
Après avoir touché la République Dominicaine, Jeanne, puisque c’est son nom, a durement frappé la partie nord et nord-ouest d’Haïti. On dénombre dans la seule ville de Gonaïves plus de 500 morts, et le bilan n’est que provisoire. Une déforestation qui favorise les phénomènes de ruissellement et de glissement de terrains sur une île au relief prononcé, la pauvreté et donc un habitat léger, une situation politique chaotique (voir l’article de H. Godard et M. Mirègne-Mérat), et le simple fait d’une 4e tempête à essuyer, ont eu raison de cette île aujourd’hui meurtrie. Le bilan risque de s’alourdir car, outre le fait que les eaux ne se sont pas encore retirées, il semble que l’île de la Tortue, située au nord, ait quant à elle complètement disparu ; or 26 000 personnes y vivent. Dimanche 19 septembre, un hélicoptère des Nations unies a survolé cette zone, mais au lieu de trouver une île, il n’a vu que de l’eau. Une île qui disparaît, c’est rare dans l’Atlantique, surtout que celle-ci atteint 180 km2, soit 35 km de long, 5 km maximum de large, avec un relief culminant à plus de 300 m. L’hypothèse retenue pour l’instant est qu’un raz-de-marée l’a submergée. Mardi 21 au soir, on retrouve l’île de la Tortue. Mais qu’est-ce qui a pu bien se passer pour qu’une île comme celle-ci disparaisse ainsi ?
La morale de cette histoire : l’information circule vite, mais n’est pas toujours vérifiée avant, et, malgré la technologie, il arrive aussi qu’une suite d’événements nous plonge dans l’expectative. En prévision:
Guérino Sillère |