N°108

Expertiser le territoire: contribution à une nouvelle typologie des dunes du Calvados

En Europe du Nord-Ouest, la variété morphologique du littoral autorise le développement des côtes basses de matériel meuble. Il en est ainsi en Basse-Normandie, dont les plages souvent sableuses sont propices aux formations dunaires. La forte urbanisation du Calvados [1] ne permet guère l’édification de grands complexes dunaires; les dunes prennent souvent la forme d’un cordon très bas et dégradé dont l’alimentation en sable est contrariée. Cette situation est liée au contexte de pénurie sédimentaire associée à l’épuisement naturel du stock de sédiments remontés sur le littoral avec la dernière transgression (Paskoff, 2005). Le manque de sable est responsable de la recrudescence de l’érosion littorale. D’ampleur planétaire (Anthony et al., 2006; Héquette, 2010), ce phénomène affecte fortement la côte de Basse-Normandie. D’après l’Institut français de l’environnement, plus d’un tiers du rivage bas-normand est en recul, ce qui place la région en cinquième position après le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie, la Picardie et l’Aquitaine (Colas, 2007).

La dégradation contemporaine des dunes a conduit les pouvoirs publics à intervenir depuis déjà une trentaine d’années. La maîtrise foncière a permis la préservation de quelques ensembles dont les plus importants sont situés en position estuarienne (Orne, Dives). Ces minces cordons, souvent morcelés et dégradés du fait d’une forte fréquentation touristique, ont suscité peu d’intérêt de la part des scientifiques. Les expertises se sont limitées à des travaux d’inventaire, des diagnostics et des études d’impact réalisés en support à la cartographie du zonage ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) ou à des projets d’urbanisme. Pourtant, les enjeux affectant ces espaces sont forts, et le seront encore plus dans le contexte du changement climatique. Ils affectent par exemple la biodiversité des dunes. Certaines plantes ont un grand intérêt patrimonial (élyme des sables ou chou maritime bénéficiant d’une protection nationale); d’autres, comme l’oyat, sont relativement communes mais ont un rôle essentiel à jouer dans la fixation des dunes. La biodiversité est également liée à la richesse faunistique, en particulier lorsque les dunes s’inscrivent dans de vastes zones humides littorales (estuaire de l’Orne, baie des Veys). Un autre enjeu est lié à la dimension touristique des sites, à leur intérêt historique: un grand nombre de dunes déjà dégradées sont situées en bordure des plages du débarquement et sont donc souvent parcourues par les piétons. À cela, vient s’ajouter le contexte d’évolution rapide de ces littoraux. Comme toutes les côtes basses, les phénomènes d’érosion et de submersion marine constituent une réelle menace pour les habitations proches de la mer. Certains secteurs connaissent une érosion du front dunaire depuis plusieurs décennies, les rythmes du recul pouvant être supérieurs au mètre par année, en particulier à proximité des estuaires (GRESARC, 2006). Élus et gestionnaires ne peuvent qu’être préoccupés par cette évolution préoccupante.

C’est dans ce cadre que l’élaboration d’une nouvelle typologie des dunes a été entreprise, et financée par un organisme public départemental afin d’améliorer la connaissance de ce milieu, ce progrès devant aider à une conservation durable des milieux dunaires [2]. Le travail mené sur deux années (2007-2009) a permis de mieux caractériser les dunes littorales du Calvados et d’accompagner la typologie produite de propositions répondant aux préoccupations des gestionnaires (Petit-Berghem et al., 2009). Cet article rend compte des résultats saillants de cette étude. Une série de documents graphiques (croquis, cartes, photographies) fournit des indications sur la vulnérabilité des formes dunaires et les tendances évolutives des littoraux sableux. Ces documents peuvent être utilisés comme des indicateurs de l’état de conservation des dunes mais aussi comme des outils de diagnostic pouvant être mis à la disposition des aménageurs et des décideurs.

Vers la mise en place d’une nouvelle typologie

La recherche de catégories spatiales relève d’une démarche géographique pour laquelle les difficultés inhérentes sont évoquées, avant de mentionner les critères permettant d’aboutir à une nouvelle typologie.

Terminologie

Les dunes forment des entités géographiques de taille variable dont l’identification et la classification reposent sur des critères de reconnaissance liés à la photo-interprétation. Les images à haute résolution spatiale peuvent servir à réaliser la cartographie très précise des volumes de sable mobilisés par le vent. Couplées à des données à haute résolution spectrale, elles permettent une analyse fine de la structure spatiale des dunes et du paysage végétal (associations végétales sans atteindre le niveau de différenciation des espèces). Actuellement, les données Lidar (Light Detection and Ranging) autorisent la cartographie des objets avec une précision altimétrique de 10 à 15 cm (Bilodeau, 2010; Courtay, 2010). L’exploitation de ces données est d’un grand intérêt pour le gestionnaire car il peut évaluer la morphologie de la dune au regard du service de protection qu’elle doit assurer (Debaine, 2009). Cette approche novatrice demande toutefois la mise en place de protocoles méthodologiques très détaillés mais a un coût qui freine l’analyse multi-sites à l’échelle d’une région ou d’un département. Plus modestement, d’autres approches reposent sur la prise en compte des caractéristiques des milieux afin de pouvoir mener à bien l’évaluation en un minimum de temps: photographies aériennes (Orthophotoplan, BD ORTHO de l’IGN), données de terrain disponibles sous forme numérisée ou non (relevés, transects), cartes topographiques ou thématiques (habitats, occupation du sol).

Tableau 1. Indicateurs (ou descripteurs) de la typologie des dunes

Ainsi, sur un certain nombre de sites du littoral français, on dispose de bases de données contenant des inventaires périodiques des caractères floristiques et écodynamiques effectués le long de transects et/ou de stations précisément délimitées (Battiau-Queney, 2010). Par exemple, sur le littoral aquitain, le «Sommier des dunes», mis en place par l’ONF, récapitule dans un système d’information géographique l’ensemble des travaux réalisés sur les dunes domaniales (Favennec, 2002). Dans le département de la Manche, la révision de l’atlas Polmar-Terre a permis de mettre en place une base de données opérationnelle utilisable par les services de l’État (Le Berre et al., 2008). Ce travail n’a pas été étendu au département voisin en raison de la faible largeur des systèmes dunaires.

Avant notre recherche, aucun outil d’évaluation rapide de l’état de conservation des dunes, généralisable à tout le Calvados, n’était disponible. Pourtant des données existent. Nous avons alors procédé à une revue préalable des classifications existantes. La démarche naturaliste consiste essentiellement à identifier sur le terrain la dune en tant qu’objet morphosédimentaire doté d’un couvert végétal et animé de processus fonctionnels (Salomon, 2008). Par commodité, les dunes sont différenciées en fonction du type de végétation dominante et du recouvrement de cette végétation (Zambettakis, Provost, 2009). En effet, la végétation diffère selon un gradient spatial d’éloignement par rapport à la mer, différents groupements végétaux se succèdent et traduisent plusieurs degrés d’évolution. La dune embryonnaire située sur le haut de plage marque la première accumulation de sable liée à la présence de plantes édificatrices résistantes au sel (cakilier ou roquette de mer). La dune blanche, caractérisée par la prédominance de l’oyat, est une dune relativement jeune et plus ou moins bien fixée par la végétation. En première ligne, elle subit les assauts de la mer; elle est donc la plus sensible à l’érosion. Viennent ensuite la dune grise ou noire à pelouses recouvrant et stabilisant davantage le milieu, puis le groupement à fourrés suivi par la dune arborée. Si cette mosaïque génère des paysages attractifs et variés, elle n’est pas toujours représentée en raison de la faible largeur des dunes du Calvados (moins de 200 m, les estuaires exceptés).

Cette typologie est simple d’utilisation, car elle repose sur la reconnaissance de quelques espèces. Les scientifiques s’y fient toujours car elle permet d’estimer le degré de stabilité d’une dune en fonction de son couvert végétal, qui est plus ou moins fixateur. Pourtant, elle ne suffit pas à représenter sa morphologie. De même, la terminologie en usage dans le domaine de la géomorphologie des dunes littorales n’est pas totalement satisfaisante, car elle repose sur certaines expressions (par exemple celle de dune bordière) qui recouvrent des formes très différentes dans leur nature, leur origine, et leur évolution (Doody, 2005; Paskoff, 1998). L’absence de consensus entre chercheurs rend dans ce cas la vulgarisation difficile.

Nous nous sommes donc proposé d’élaborer une autre typologie afin de mieux différencier les formes dunaires et qui puisse être utilisée sur le terrain par des acteurs non-scientifiques, notamment par les gestionnaires et les décideurs. Aussi le vocabulaire employé n’est-il pas trop technique, il fait simplement appel au bon sens et aux qualités d’observation qu’un opérateur sensibilisé aux questions littorales peut mettre en œuvre.

Une classification basée sur de nouveaux indicateurs

Notre typologie s’inspire des travaux des géographes littoralistes depuis une vingtaine d’années, en particulier ceux de Roland Paskoff (Paskoff, 1998, 2005), dont les dernières recherches ont porté sur une redéfinition de la nomenclature des dunes bordières. Les mises au point récentes effectuées pour les dunes de la Manche ont également été consultées (Battiau-Queney, 2010). Les dunes du Calvados seront ci-dessous définies et décrites selon leurs situations écodynamiques. Des indicateurs prenant en compte la dimension de l’objet, sa position dans le complexe plage/dunes, les processus de nature physique ou biologique (actions respectives de la mer, du vent, et du couvert végétal) et les interférences humaines seront intégrés. Le croisement de ces indicateurs permet de dresser un tableau synthétique avec huit catégories (tableau 1). Aux unités décrites (types et sous-types), il convient d’ajouter le cas particulier représenté par les «dunes mortes», dunes qui n’existent plus en tant que telles puisque détruites par une incursion de la mer. Pour chaque catégorie (fig. 1 à 8), des précisions sont données sur l’état dynamique de la dune, c’est-à-dire sur son caractère stable ou mobile au regard des processus évolutifs qui l’animent.

1 à 3. Typologie des dunes du Calvados (catégories 1 à 3)
1a. Dunes pionnières néoformées
(Merville-Franceville, Calvados)
1b. Dunes pionnières accolées
(Merville-Franceville, Calvados)
2a. Avant-dune
(Pointe de Merville, Calvados)
2b. Avant-dune en pied de falaise
(Saint-Aubin-sur-Mer, Calvados)
3a. Falaise dunaire basse en recul permanent
(Courseulles-sur-Mer, Calvados)
3b. Falaise dunaire haute à évolution rapide
(Courseulles-sur-Mer, Calvados)
©Mappemonde 2012 (GS) Réalisation: Y. Petit-Berghem

a) Les dunes pionnières désignent des petites dunes nouvellement formées non rattachées à un cordon dunaire. Sur le haut de plage, elles se forment par marée de morte-eau (fig. 1a) et sont rapidement colonisées par des plantes pionnières au printemps (Bette maritime, Cakilier maritime, Arroche des sables). Leur présence est un bon indicateur du début de répit de l’activité érosive de la mer ou du fleuve (cas d’un estuaire). Quand la largeur de l’estran le permet, ces petites buttes néoformées peuvent s’accoler et former des mini-crêtes (fig. 1b). Ces dunes sont particulièrement fragiles, une tempête peut les réduire à néant. Il est clair que le prélèvement de sable sur la plage ou le passage répété d’engins mécaniques (tracteurs, bateaux) annihile toute possibilité de genèse ou de maintien de ces formes embryonnaires.

b) Les dunes de première ligne sont des dunes en bordure immédiate des plages formant un cordon dunaire. Plusieurs cas de figure sont à distinguer.

4 à 8. Typologie des dunes du Calvados (catégories 4 à 8)
4. Dune perchée enrochée à la base
(Bernières-sur-Mer, Calvados)
5. Cordon dunaire artificiel
(Cabourg, Calvados)
6. Dune mobile libre
(Graye-sur-Mer, Calvados)
7. Dune mobile entravée: dune herbeuse (premier plan) ou à fourrés arbustifs (arrière-plan)
(Merville-Franceville, Calvados)
8. Dépression dunaire en voie d'assèchement
(Colleville-sur-Mer, Calvados)
 
©Mappemonde 2012 (GS) Réalisation: Y. Petit-Berghem

c) Les dunes mobiles se développent à l’arrière d’un cordon dunaire plus ou moins bien stabilisé par la végétation. Dans ce cas, de plus grosses masses de sable sont mobilisées et la végétation est incapable de les arrêter en bordure du rivage. Ces dunes se déclinent en deux grandes catégories: dune mobile libre, dune mobile entravée.

d) Des dépressions dunaires se rencontrent dans le Calvados, bien que la largeur des dunes ne soit pas favorable à leur développement. Plusieurs sous-types sont à noter.

Application sur trois sites tests

Trois sites ont fait l’objet d’un travail de terrain afin de vérifier la pertinence de cette typologie.

État des dunes sur le littoral calvadosien

Avec 471 kilomètres de rivages (Brunet, 2004), la Basse-Normandie présente une grande variété de formes littorales dont la mise en place est liée au contexte géologique général (situation de contact entre le Massif armoricain et le Bassin parisien). La production de sédiments liée aux dernières transgressions a souvent varié en fonction des fluctuations du niveau de la mer; des accumulations dunaires se développent parfois en avant des falaises mortes (dunes d’Omaha Beach).

Le littoral calvadosien proprement dit s’étend sur 116 kilomètres entre l’estuaire de la Seine et la baie des Veys (fig. 9). Le Calvados ne possède pas de grands ensembles dunaires à la différence du département voisin, la Manche, marqué par les imposants massifs de la côte ouest du Cotentin (plusieurs centaines d’hectares). Les côtes artificialisées (digues) représentent environ la moitié du linéaire côtier. En dehors des secteurs figés artificiellement, l’érosion est forte, affectant 75% du linéaire côtier non endigué. Cette érosion est, en partie, liée aux démaigrissements des plages associés aux transports sédimentaires d’ouest en est par la dérive littorale. Quand elles ne sont pas nivelées, des dunes de faible largeur constituent le plus souvent un cordon littoral de faible hauteur prolongé à l’arrière par une zone humide, une prairie, ou un ouvrage artificiel (route).

9. Localisation des principaux secteurs dunaires du Calvados

De manière générale, le rivage naturel sableux du Calvados recule (Bretel, 2003; Basilico et al., 2011). Soit c’est le front dunaire qui recule du fait de l’action destructrice des houles généralement hivernales, le recul pouvant alterner avec des phases de reconstruction par houles de beau temps: soit c’est l’ensemble de la masse sableuse toujours émergée qui recule à cause des transferts de sédiments par le vent. Les vitesses de recul sont extrêmement variables (de l’ordre de -1 m par an pour les secteurs les plus sensibles localisés notamment entre Ver-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer), les reculs pouvant alterner avec des phases de stabilisation ou même de progression du trait de côte.

Si les dunes jouent un rôle tampon de modération de l’érosion marine, elles ne remplissent plus toujours leur rôle de digue naturelle, car leur état de conservation n’est pas satisfaisant. La forte fréquentation de ces espaces jointe à leur vulnérabilité intrinsèque (mobilité des sables) les rend plus particulièrement fragiles. Pour faire face aux dégradations, des interventions ont cherché à s’opposer aux processus dynamiques naturels en privilégiant les savoir-faire de génie civil (recalibrage des dunes entre Cabourg et Deauville) ou de génie écologique (végétalisation). Des travaux ont voulu sans cesse redonner un profil géométrique à la dune et artificialiser le contact terre/mer sans prendre en considération le système plage/dune et le capital biologique associé.

Choix et caractéristiques des trois zones tests

Trois sites représentatifs (fig. 9) ont été choisis pour montrer les résultats obtenus en appliquant cette nouvelle typologie. Le choix des sites est rendu légitime par la volonté de travailler sur des ensembles dunaires de configuration différente. L’enjeu de la protection est primordial pour le premier secteur (Ver-sur-Mer/Courseulles-sur-Mer): le cordon dunaire est de faible largeur, des brèches liées à la fréquentation humaine sont apparentes et des incursions marines sont à redouter. Pour le deuxième site (l’estuaire de l’Orne), la dimension des dunes et leur variété morphologique et paysagère constituent de réels atouts: le gestionnaire dispose de plus de marge de manœuvre; la difficulté est ici de concilier les exigences contradictoires de la protection, de la conservation, et de l’utilisation d’un espace naturel situé à proximité de Caen. La flèche sableuse de Cabourg (troisième secteur) est l’archétype d’un «segment dunaire» en évolution rapide. Les enjeux en termes de gestion concernent la protection des plages et l’aménagement d’un site exigu très artificialisé où se combinent surtout les dynamiques fluviales et marines.

Les cartes réalisées dressent à chaque fois un état des lieux et alertent le gestionnaire sur l’état dynamique du milieu. Bien qu’elles ne constituent qu’un instantané, elles montrent la spécificité des sites, les dynamiques en cours, et les stades ou degré d’évolution des formes.

a) Bien que très mince, le cordon dunaire de Ver-sur-Mer à Courseulles-sur-Mer remplit toujours son rôle de barrage vis-à-vis des eaux douces en provenance du continent. Depuis la dernière guerre, il a reculé de 20 à 30 m suivant les secteurs (surtout au nord-ouest du site lorsque le cordon s’amincit) (GRESARC, 2006). La cause est en grande partie naturelle: le contexte hydrosédimentaire est défavorable et les courants longitudinaux sont ici très violents. D’autres raisons peuvent aussi expliquer ce recul: le port artificiel d’Arromanches (proximité d’Asnelles) ayant contribué à modifier les courants et dépôts, l’enlèvement de sable, la vulnérabilité du cordon (aux événements climatiques exceptionnels et à la fréquentation touristique trop forte) (Le Berre, David, 2009). Des travaux de défense côtière ont été réalisés depuis les années 1960: défenses frontales en enrochement, palissades, épis (fig. 10). Les ouvrages mal entretenus ont été remplacés à partir de 2005. Malgré l’installation d’épis de dernière génération (procédé stabiplage, [4]), des secteurs sont encore très sensibles notamment celui au droit du camping à Graye-sur-Mer (intrusion marine possible). La carte de la morphologie montre de larges dunes mobiles accompagnées de falaises. La rareté des dunes pionnières traduit l’ampleur de l’érosion, en dépit d’une densité élevée d’ouvrages de défense.

10. Typologie des dunes et aménagements de défense côtière (secteur Courseulles-sur-Mer/Graye-sur-Mer)

b) Les dunes de Merville-Franceville s’inscrivent dans le système dunaire le plus étendu de la côte du Calvados. La carte de typologie montre la dynamique d’engraissement de la plage à l’ouest de Merville-Franceville et surtout à proximité de la Pointe de Merville (fig. 11). Celle-ci a connu une avancée spectaculaire depuis le début des années 1980 (Petit-Berghem, 2005); la succession de bancs sableux atténuant les effets de la houle n’a pas été étrangère à cette progression remarquable.

11. Typologie des dunes et aménagements (secteur Merville/Franceville)

Les gros apports de sable en haut de plage ont permis aux avant-dunes de se former. Celles-ci sont précédées par des dunes pionnières, développées de manière isolée ou de manière contiguë à l’approche du haut de plage. Les falaises dunaires sont peu étendues; elles sont surtout visibles à proximité des brèches et dans le prolongement de la base nautique. La forte fréquentation du site a par ailleurs conduit au développement d’une large bande de dunes mobiles libres. Ces dernières montrent la forte dégradation du système dunaire: là, les dunes sont plus hautes et non recouvertes à leur pied par des plantes pionnières fixatrices. La catégorie «dune morte» a été ajoutée, qui indique que ce secteur n’est plus alimenté en sable et n’héberge pas de plantes psammophiles en raison de la pénétration récurrente de la mer.

c) À Cabourg, la prédominance des falaises indique une nette tendance à l’érosion (fig. 12). Des efforts de stabilisation sont engagés pour garder la plage et non la dune, ce qui peut entraîner des conflits d’usage. Les baigneurs fréquentant le site en été ne voient pas la dune alors que celle-ci est recherchée par des usagers connaissant mieux ce secteur (promeneurs ayant leur résidence principale ou secondaire à proximité).

12. Typologie des dunes et aménagements (Pointe de Cabourg)

À l’entrée ouest du site se trouve une dune morte séparée de l’estran par une digue en béton. Des dunes perchées se développent au-dessus de certaines falaises vives, enrochées à l’ouest du secteur dunaire, et non enrochées à l’est de la partie en front de mer. La dune mobile entravée rend peu actif le système dunaire qui n’évolue qu’en bordure de la plage ou du fleuve. La pression humaine est forte (fig. 13): il faut porter une attention particulière à certaines dégradations, notamment celles qui affectent la partie sommitale du premier tronçon de dunes (dune perchée à Oyat).

À Cabourg, l’érosion chronique de la plage et des dunes a conduit les aménageurs depuis plusieurs siècles à protéger le linéaire côtier sur une longueur d’environ 2,5 kilomètres: une digue, des dizaines d’épis et des cordons d’enrochements. Les épis de la pointe dunaire n’ont été complétés par des enrochements que dans les années 1980 (1979 à 1981 pour la partie côté mer, 1983 à 1989 pour la partie côté fleuve), lorsque l’érosion fluviale menaçait le revers de dune. Les dunes de Cabourg ne constituent pas un site spécialement touristique. Il est évident que la renommée de Cabourg tient à sa station balnéaire et non à ses dunes.

Il existe peu de communication autour du site. Le plan de la ville diffusé par l’office de tourisme ne représente pas la pointe dunaire. De même, le site Internet de la commune ne mentionne pas l’existence de la flèche sableuse.

13. Aménagements et protection de la Pointe de Cabourg

La présence de l’homme sur le site se manifeste à la fois par sa fréquentation et par la présence d’ouvrages qu’il a mis en place. L’objectif principal semble être de conserver des plages à haut intérêt touristique et qui tendent à s’amaigrir plutôt que de protéger des dunes ou des écosystèmes à forte valeur patrimoniale. La gestion de la dune n’est pas confiée à un unique gestionnaire désigné comme tel, mais s’effectue par à-coups et par différents acteurs (commune, communauté de communes, comité départemental du tourisme du Calvados). Pendant des années, la majorité des élus a préconisé la protection artificielle de ce linéaire côtier. Le maire actuel a une position différente et reconnaît qu’une artificialisation complète de la pointe irait à l’encontre de son fonctionnement écologique. Le maire s’est rapproché du Conservatoire du littoral pour qui l’ouvrage de protection n’est pas un argument électoral. La solution idéale serait en effet de confier l’ensemble de la pointe au Conservatoire qui pourrait dans ces conditions mettre en valeur ce site tout en assurant sa protection.

Une généralisation possible sur le littoral calvadosien?

Une carte de typologie à l’échelle du département n’a pas été produite car les 116 kilomètres du linéaire côtier n’ont pas été analysés et cartographiés avec le même degré de précision. Par ailleurs, des problèmes de représentation spatiale se posent et les nombreux types visibles à très grande échelle ne se différencient plus à l’échelle départementale. Avec ce passage du local au global, il s’agit moins de simplifier ou de généraliser abusivement que de tenter de répondre à de nouvelles questions. Les dunes sont-elles menacées d’un recul rapide? Quels sont les sites à fort intérêt écologique et paysager? Des secteurs sont-ils préservés, d’autres très dégradés? Peut-on apprécier la vulnérabilité en fonction du type d’aléa (érosion d’origine marine ou anthropique, submersion)? Aussi, afin de répondre aux interrogations des structures gestionnaires, compléter et mutualiser l’information géographique pour en améliorer la circulation entre les différents services, un effort de synthèse a-t-il été produit. Pour chaque zone de prospection (fig. 14), une synthèse a été réalisée à partir d’indicateurs spatiaux synthétiques; des informations ont ensuite été fournies sur la sensibilité des dunes (leur vulnérabilité par rapport aux différents enjeux) et leur tendance évolutive.

14. Localisation des zones prospectées

a) La zone 1 correspond à la baie des Veys. Les dunes y ont une place limitée. Il s’agit avant tout d’un milieu estuarien très riche qui s’est vu accorder au fil des années une grande valeur patrimoniale. De nombreux types de zonages peuvent s’y superposer (ZNIEFF, Arrêté de Protection du Biotope, convention de Ramsar, Site classé et inscrit d’importance communautaire). Les dunes sont relativement stables car le secteur est largement endigué et le pied des falaises ou des avant-dunes est maintenu par des remblais ou des épis en enrochement. Ces dunes pourraient à l’avenir s’amaigrir en raison de l’acceptation d’un «repli stratégique» face à la mer prenant ici la forme d’une dépoldérisation partielle de la baie (Basilico et al., 2011). Le Conservatoire du littoral, très averti des effets du changement global, préconise en fait de ne plus s’opposer par des endiguements à l’élévation du niveau de la mer: les polders pourraient ainsi retourner à la mer avec certains avantages comme notamment la reconstitution des prés salés, hauts lieux de productivité. En favorisant la mobilité du cordon dunaire voire sa rupture, cette dépoldérisation volontaire pourrait faciliter les intrusions d’eau marine dans la baie et accroître son potentiel biologique.

b) La zone 2 concerne les dunes d’Omaha Beach. Ce secteur est fréquenté toute l’année en raison de son caractère emblématique (cimetière américain de Colleville-sur-Mer). Un cordon de galets sert de surface de transit en période d’apports éoliens et de protection de la dune en cas d’attaques marines. En arrière, les dunes de première ligne présentent généralement un profil de type falaise, en raison de leur réactivation régulière par les tempêtes et des marées de vives-eaux. En dépit d’une forte fréquentation, la zone est dans un bon état de conservation (parcours aménagés et actions de sensibilisation du Conservatoire du littoral) et de nombreux secteurs montrent un bon recouvrement de la végétation (dune mobile entravée). Ce sont surtout les dunes de première ligne qui mériteraient la plus grande attention.

c) La zone 3 rassemble les cordons dunaires de la Côte de Nacre. Ces cordons sont aujourd’hui très minces, mais jouent toujours leur rôle de barrière naturelle. Sur cet ensemble, les platiers rocheux occupent une bonne part de l’estran; l’alimentation en sable s’est tarie depuis plusieurs années et les falaises sableuses sont fréquentes. La rareté des dunes pionnières traduit la force de l’érosion en dépit d’une densité importante d’ouvrages de défense.

Dans ce secteur, les cordons dunaires et les zones humides littorales constituent des zones tampons permettant de limiter la force érosive de la mer. Leur destruction pourrait alors conduire à un emballemen t du phénomène de recul. Afin d’éviter la rupture des cordons qui entraînerait la submersion des marais mais également celle d’une partie des habitations, la vigilance s’impose. Il s’agit surtout ici d’optimiser le dépôt de sable en haut de plage en ajustant le nombre d’épis de type stabiplage. Les gestionnaires peuvent alors se référer au suivi du littoral engagé depuis plusieurs années par le groupe de recherches sur les environnements aménagés et les risques côtiers (GRESARC); les mesures du recul du trait de côte et d’engraissement ou démaigrissement des plages sont les plus pertinentes pour estimer l’effet de ces ouvrages sur les transferts de sédiments.

d) La zone 4 a pour périmètre l’ensemble de l’estuaire de l’Orne. Dans le Calvados, à l’exception de la commune de Ver-sur-Mer très exposée, c’est la principale zone où le risque de submersion est grand: 77 hectares pourraient être inondés à l’horizon 2100 selon les prévisions du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (Clus-Auby et al., 2004). Paradoxalement, c’est aussi la zone la plus intéressante en termes de dynamique d’engraissement et de genèse de nouvelles formes dunaires.

Le secteur a des atouts (grande dimension, intérêt écologique avec les habitats représentatifs de toute la zonation dunaire, intérêt historique avec des restes de fortifications militaires), mais aussi des faiblesses (forte pression anthropique liée à la proximité de Caen, problème de gouvernance lié aux conflits d’intérêts, dynamique littorale rapide en décalage avec le rythme plus lent des décideurs). La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) trouve ici sa pleine légitimité mais avec la difficulté de devoir combiner les expériences passées (notamment celles de défense systématique contre la mer) et les nouveaux enjeux environnementaux.

e) La zone 5 correspond aux dunes de la Côte Fleurie. C’est le secteur le plus artificialisé comme en témoigne la forte densité des ouvrages de protection. Bien souvent, les dunes ont été nivelées et remplacées par du bâti. Le cordon dunaire est étroit ou prend un caractère artificiel. Ici, l’option du «laisser-faire» est exclue et les solutions du confortement par apports de sable et plantations sont désormais envisagées.

Cette étude menée sur plusieurs sites permet d’identifier les problèmes auxquels doivent faire face les gestionnaires et services opérationnels du littoral. L’échelle locale est mieux adaptée à l’utilisation de la typologie. De quelle manière et dans quelle perspective les données cartographiées à une échelle locale pourraient-elles être utilisées par ces structures gestionnaires?

Quels enseignements et quelles priorités pour les acteurs institutionnels?

Localement, chaque acteur gestionnaire pourrait se servir des cartes pour identifier des indicateurs d’état de la dune littorale et localiser les secteurs sensibles où il serait souhaitable d’intervenir. Cet outil de gestion peut non seulement guider le gestionnaire mais aussi justifier les actions qui seront engagées.

À Courseulles-sur-Mer, dans les secteurs où l’érosion tend à diminuer, il serait intéressant de restaurer une succession végétale diversifiée depuis les végétations de haut de plage jusqu’à celles situées sur les dunes mobiles et même, au-delà, dans l’arrière-dune où s’étendent les marais et les prairies humides. L’alternance rapide de formes évolutives sur le front de dune est problématique: des choix devront être faits (recharger en sable et/ou en galets, ajuster le nombre d’épis, revégétaliser) et expliquer au public afin de le sensibiliser à la forte vulnérabilité de ce secteur. Dans la partie couverte par les plus anciens ouvrages de défense, les projections réalisées par le GRESARC montrent un recul accéléré du trait de côte (plusieurs dizaines de mètres) d’ici 2100, ce qui pose la question du renouvellement de ces ouvrages et de la nécessité de leur garantir un bon état de fonctionnement.

À Merville-Franceville, la bonne représentativité spatiale des dunes pionnières est à souligner. La protection n’est pas une priorité; les gardes du littoral savent bien qu’il n’est pas rare que des dunes se forment et disparaissent très rapidement. La valeur paysagère de cet espace (grande variété de formes actives ou fossiles), sa dimension historique (fortifications) confèrent au site un grand intérêt. Le gestionnaire a ici plus de marges de manœuvre. Par exemple, en cas de déséquilibre sédimentaire (réapparition de falaises, disparition d’avant-dunes), la possibilité de recréer des dunes là où elles ont été détruites, ou de les restaurer là où elles ont été dégradées représente une solution douce qui peut se substituer aux enrochements. C’est une stratégie de lutte, mais aussi le moyen le plus efficace et le plus économique de conserver des milieux variés et leurs fonctions sociales. Dans ce site, la fréquentation touristique pourrait être compatible avec la préservation des espèces et des formes dunaires, mais à condition qu’un travail soit fait en amont par les gestionnaires pour expliquer au public le bien-fondé de cette démarche, qui, toutefois, ne serait envisageable que sur une partie du site à titre expérimental.

À Cabourg, on ne peut laisser la dune reculer, car le site ne dispose pas d’une largeur suffisante. Des actions en faveur d’un reprofilage doux du cordon dunaire sont possibles. En revanche, il ne serait pas très judicieux de figer la pointe dunaire par une revégétalisation excessive. Pour limiter les dégradations liées au piétinement, il faudrait sans doute réorganiser le cheminement dans ces dunes. Le Plan local d’urbanisme de Cabourg mentionne d’ailleurs cette nécessité. Avec l’aval du conseil municipal de la ville, le Conservatoire pourrait acquérir prochainement ce site et établir un plan de gestion intégrant cette disposition.

Face à ces cartes de typologie, comment réagissent les acteurs institutionnels? Comment perçoivent-ils les enjeux concernant leur territoire? Avec ces nouvelles données, de quelle capacité d’action pensent-ils disposer?

Le Conservatoire du littoral ne cache pas son intérêt pour cette démarche typologique: cet organisme est en permanence à la recherche d’outils de diagnostic lui permettant d’évaluer l’état du milieu et la pertinence des actions à engager. Le Conservatoire a une bonne connaissance des enjeux socio-environnementaux du littoral: il envisage la gestion à moyen et à long terme du trait de côte et se représente les dunes comme un patrimoine naturel collectif dont il convient de protéger l’authenticité et la pérennité. La typologie produite le conforte dans la démarche qu’il mène auprès des gestionnaires: localiser les zones les plus vulnérables à l’érosion, identifier des dunes nouvellement formées, d’autres très mobiles ou au contraire bien stabilisées par le couvert végétal, repérer des aménagements mal proportionnés, des problèmes de surfréquentation. Travaillant en étroite collaboration avec le syndicat mixte «Calvados Littoral Espaces Naturels», le Conservatoire est très attentif à la continuité des dunes et à leur protection. Cependant, ses choix ne sont pas ceux de l’endiguement et de la défense à tout prix du littoral. La question des digues est, bien entendu, déterminante sur tout le littoral normand dès lors que les dunes font défaut. Mais quand ces dunes existent et s’étendent en largeur, les missions du Conservatoire du littoral ou encore les normes édictées sur le plan national et européen imposent de s’adapter à l’évolution de la nature et de prendre du recul par rapport aux enjeux locaux. Les cartes de typologie montrent quelques secteurs où il serait vain de lutter indéfiniment contre la montée des eaux: elles peuvent aider les acteurs qui préconisent un repli stratégique et décident de s’appuyer sur les processus naturels en minimisant les coûts d’intervention.

Mais l’approche par le recul stratégique, prenant en compte les exigences de l’environnement sans compromettre les infrastructures existantes, rencontre une certaine hostilité de la part des riverains, tant est ancrée dans la mentalité collective, depuis des siècles, la conception quasi militaire de lutte contre la mer. Il est vrai que la montée du niveau de la mer associée à des phénomènes météo-marins extrêmes peut en définitive accentuer l’érosion des plages (Basilico et al., 2011). Les élus confrontés à des risques naturels potentiels liés à l’instabilité du trait de côte sont alors tentés de réagir au plus vite en édifiant des ouvrages de défense. Comme le souligne Salvador Juan (Juan, 2011), les élus sont par définition les garants des intérêts locaux et peuvent difficilement incarner les exigences d’une action globale de protection de l’environnement à long terme. Si des aménagements durs, comme les enrochements, bien que peu esthétiques, restent efficaces pour protéger des zones artificialisées ou des constructions en danger, ils ne sont pas toujours adaptés dans le contexte du changement global. Lors de nos restitutions, les élus ont certes pris connaissance des cartes réalisées mais restent focalisés pour la plupart sur des exigences immédiates, avant tout économiques, en opposition avec les phénomènes naturels. Les réunions publiques de présentation des travaux leur ont toutefois montré que de nouvelles méthodes de préservation, plus douces, cherchant à composer avec la mer et la qualité du paysage, pouvaient aussi contribuer à stabiliser le littoral.

Conclusion

La connaissance du milieu dunaire s’appuie sur des études de terrain et l’établissement de cartes de synthèse. À l’échelle locale, l’approche naturaliste s’avère nécessaire et conduit à la mise au point d’un outil original d’analyse de l’état des lieux: les cartes écodynamiques. La combinaison d’indicateurs spatiaux permet de rendre compte à la fois de la couverture végétale, de la morphologie dunaire, et de leur dynamique interactive. Pour les gestionnaires comme pour les décideurs, ces cartes sont utiles pour déterminer les secteurs sensibles, préciser les enjeux significatifs d’ordre humain, économique et/ou patrimonial, et préconiser des principes de gestion et d’aménagement. En se fondant sur une connaissance fine des situations locales, ces documents pourraient être directement utilisés sur le terrain et aider chaque acteur qui se trouve aux prises avec une dynamique dunaire qu’il subit, modifie, et déclenche à la fois. Enfin, l’évolution constante et rapide de l’interface continent-océan rend nécessaire de réactualiser en permanence ces cartes et aussi de les compléter par une cartographie très précise de la géomorphologie côtière (trait de côte, localisation des aléas) afin d’ajuster le degré de vulnérabilité de certaines zones qui sont menacées ou qui pourraient le devenir.

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58% des 116 kilomètres de côte sont urbanisés. Près du quart de la surface bâtie du Calvados (23,5%) est concentré sur le littoral, surtout sur la frange du premier kilomètre (Atelier Vert-Latitude, AménaGéo, 2005).
Cette mission a été confiée par le syndicat mixte «Calvados Littoral Espaces naturels» au laboratoire Géophen de l'université de Caen.
La végétation psammophile se développe exclusivement sur du sable dunaire.
Boudin de textile perméable recouvert de polyester injecté de sable. Le stabiplage gère les flux de sédiments: le sable revient sur la plage et recouvre alors l'ouvrage qui devient progressivement invisible aux usagers de la plage.